Zoom sur le lynx boréal, discret seigneur des forêts
Plus grand qu’un chat, le lynx mesure entre 50 et 75 cm au garrot et peut dépasser un mètre de long. Son pelage gris-brun tacheté de noir, ses pattes longues et puissantes, ainsi que ses oreilles ornées de plumets le rendent facilement reconnaissable… si on a la chance de l’apercevoir.
Solitaire et extrêmement discret, il fréquente les forêts et les zones montagneuses. Il se déplace principalement de nuit et peut parcourir un territoire de chasse très vaste, jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres carrés.
Il tue environ une soixantaine de chevreuils ou de chamois par an, ce qui reste très faible au regard des autres causes de mortalité affectant ces animaux. Très patient, doté d’une ouïe fine et d’un odorat très développé, le lynx peut attendre plusieurs jours sur le passage habituel d’une proie avant de bondir.
Espèce protégée en France, le lynx a été réintroduit dans les Alpes Suisses, le Jura et les Vosges dans les années 70 à 90. Il joue un rôle clé dans la régulation des populations animales et participe à l’équilibre des écosystèmes forestiers.

Lynx Boreal
Cache-cache
La présence du lynx peut être détectée grâce aux indices qu’il laisse sur son passage : les poils laissés sur le bois quand il se frotte, les traces de griffes sur les troncs, et surtout les fèces (crottes) et les empreintes, les indices les plus faciles à trouver et à identifier. Les empreintes de lynx ressemblent à celles du chat, mais deux à trois fois plus grandes. Encore plus faciles à repérer dans la neige !
Attention, traversée de lynx !
C’est une première en Haute-Savoie. La CCPEVA a installé en 2025 des panneaux de signalisation, fournis par le centre Athénas, pour alerter les automobilistes sur la présence du lynx boréal. Depuis une dizaine d’années, des lynx ont été victimes de collisions sur la route et la perte d’un seul de ces lynx pourrait compromettre la survie de l’espèce en Haute-Savoie, où il est très peu présent.

lynx face to face
C’est une espèce très discrète, solitaire, qui a besoin de vastes territoires, ce qui rend le suivi de sa population très compliqué.
Bien que quelques individus soient parfois photographiés sur pièges-photo sur l’ensemble du territoire du Chablais ou que des indices de présence de l’espèce soient retrouvés, il est impossible de tirer des conclusions sur l’installation de l’espèce sur le territoire et du nombre d’individus.
Les mâles parcourent de très grandes distances durant la période du rut et les quelques individus observés peuvent être uniquement de passage.
Le lynx boréal est une espèce sensible au moindre dérangement : la fréquentation des sites naturels, les axes routiers et les villages peuvent être des obstacles importants à son installation.
